Il n’y a pas d’école de peinture sans une bonne auberge. La lettre écrite en 1836 par le peintre Auguste Ravier (1814-­‐1895) sur Camille Corot (1796-­‐1875) prouve qu’il y séjourna plus de deux mois : « … J'établis mon principal domicile à Royat, Chez La Mère Gagnevin, qui depuis 23 ans a la pratique des artistes … La mère Gagnevin fait payer la chambre et la nourriture 3 Fr 5 c par jour … elle a en ce moment un artiste de mérite, un des trois plus grands talents à mon avis … qui pourra me donner de bons conseils et que je verrai travailler; c'est un nommé Corot. Voici un mois qu'il est ici. Il y est encore pour plus d'un mois. Je suis enchanté de l'aventure. C'est l'homme que j'aurais le plus désiré rencontrer … Quant au pays, il a entièrement répondu à mon attente. C'est le plus beau que j'aie vu encore ... » On y venait de bouche à oreille des quatre coins de France. Nombreux sont les peintres qui avaient entendu parler de La Mère Gagnevin®. C’était le temps ou il fallait plusieurs jours de diligence en partance de Paris pour l’Auvergne.
Avec Corot, Théodore Rousseau domine la peinture du paysage français du milieu du XIXe siècle. Ils passent tous les deux dans la Vallée de La Mère Gagnevin®. Rousseau savait en effet empreindre ses paysages d’un sentiment profond de la nature et parfois d'émotions violentes. Son dessein était de s'identifier à la nature et de la servir en lui prêtant sa voix. Passant tour à tour du romantisme au naturalisme, Rousseau anticipa ainsi bien des découvertes de l'impressionnisme comme son tableau représentant la vallée de Royat de 1839. Le coucher du soleil ravivant les couleurs d’automne en font un magnifique paysage romantique. La facture du tableau témoigne des recherches de Théodore Rousseau pour aboutir à un concept pictural très innovant. Une palette éclatante, des touches extrêmement diversifiées appliquées avec légèreté, spontanéité et décision structurent les assises du sol, à quoi s’ajoute une superposition de tons opalescents et transparents visant à créer un effet de profondeur et de matière. La Mère Gagnevin® C’est L’École de la peinture dans la vallée De Royat. Haut lieux du romantisme Français dans cette première moitié du XIXe siècle, Cette Patronne de pure souche Auvergnate, dont le nom fleur bon le terroir et la gastronomie est née à la fin du XVIIIe siècle. Accueillant les premiers artistes peintres dans les années 1810, elle voit défiler dans son auberge les plus grands maîtres de la peinture du moment : Eugène Isabey, Paul Huet, Camille Corot, Théodore Rousseau, Charles Rémond ... La transmission, le partage du savoir, l’amour du paysage se faisaient essentiellement chez La Mère Gagnevin. Son Auberge « Ma campagne » se situait à l’emplacement de l’actuelle mairie de Royat. Avec la plus belle perspective sur cette vallée mythique, La Mère Gagnevin® avait devant sa porte l’un des plus beau panorama du romantisme Français en se début du XIXe siècle. Ces Auberges, comme celle de La Mère Gagnevin®, dont l’histoire de l’art s’aperçut, mais bien plus tard, qu’elles concurrençaient les plus grandes institutions du moment. Comme de coutume, les oeuvres que les artistes laissaient à l’aubergiste pour décorer son établissement, pouvaient parfois solder les comptes d’un repas ou d’un séjour. L’abondance d’oeuvres que regorgèrent ces modestes auberges spécialisées dans l’accueil d’artistes, témoignent de leur réputation gastronomique.
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